Françoise Dolto

 

« Les enfants perturbés dans leur développement sont aujourd’hui de plus en plus nombreux, que cela se traduise par un retard scolaire ou par l’inaptitude aux relations familiales et sociales. Comment réapprendre la communication à ces enfants angoissées qui, livrés à eux-mêmes, s’enliseront jusqu’à prendre les apparences de la débilité ? La méthode d’Antoinette Muel, exposée en 1972 et sans cesse affinée depuis, part du corps et des sensations. L’enfant inadapté n’écoute pas, ne regarde pas, ne bouge pas, ou, à l’inverse, remue sans cesse. C’est en réapprenant à entendre, à voir, à toucher, à sentir et à mettre en mots ces expériences qu’il parvient à dépasser ses angoisses et à reconstruire ses relations avec le monde. Dans une préface magistrale, Françoise Dolto analyse les causes de cette détresse infantile, et cherche les moyens d’y remédier. »

appartenance

 

Pour cette section portant sur les besoins fondamentaux, je m’attarde sur le besoin d’appartenance en relation avec Françoise Dolto et Antoinette Muel. Un, parce que le besoin d’appartenance est le catalyseur des autres besoins fondamentaux et, deux, parce que Françoise Dolto et Antoinette Muel illustrent bien cette synergie entre la théorie et la pratique. Françoise Dolto nous introduit aux fondements théoriques de la méthode d’Antoinette Muel sur la rééducation des enfants en état déficitaire de perceptions de la réalité, de contrôle de leurs comportements et de leurs idées. Leur livre L’Éveil de l’esprit fut révélateur pour moi de cette expertise empirique, comme ce qui m’apparait être un exemple synthèse des différentes composantes du fonctionnement du cerveau selon Glasser. Mon enthousiasme se transpose dans mon choix de prolonger cette partie jusqu’à une vision globale de la Théorie du choix/Thérapie de la réalité.

Ma démarche veut rendre compte de la réalité complexe du fonctionnement humain qui ne se satisfait pas complètement de nos modèles théoriques. Ces derniers ont besoin, de par leur fonction même, de compartimenter, de disséquer un tout en plusieurs parties pour une meilleure compréhension. Je crois qu’il faut toujours terminer ce genre d’exercice par une mise en garde empreinte d’humilité : la somme des parties n’égale par le tout. C’est-à-dire, qu’il faut considérer que la synergie des différentes parties peut nous révéler un processus qui dépasse les fonctions de la somme des parties analysées. Cette synergie qui peut être identifiée par intuition et valider, ou même dépasser, nos modèles théoriques. Par exemple, dans le cas de la méthode d’Antoinette Muel, je parle de l’importance du besoin d’appartenance comblé en écho de la bienveillance d’un adulte compétent en rééducation. Ainsi, dans cette précaution face à notre propre interprétation du réel – ici, la méthode de rééducation – une humilité salutaire nous gardera en éveil pour situer l’enfant au cœur même du processus de changement. En fait, notre modèle théorique offre une toile de fond, des pinceaux et des couleurs à l’enfant pour l’accompagner dans sa propre œuvre.

 

 

 

 

 

 

Je crois que cette même humilité s’avère salutaire dans une relation bienveillante enfant/parent, élève/enseignant, client/thérapeute ou employé/gestionnaire. Ainsi, nous-mêmes, pourront raffiner nos perceptions et notre modèle d’intervention par la Vie qui se révèle devant soi.