Judith Viorst

Judith Viorst

« Voici ce que j’ai appris : tout au long de notre vie, nous quittons, nous sommes quittés et nous renonçons à une grande part de ce que nous aimons. La perte est le prix de la vie. C’est aussi la source de presque tous nos progrès et nos gains :

– en quittant l’unicité mère-enfant, nous devenons un être conscient, unique et séparé, donc autonome. En acceptant l’interdit et l’impossible, nous devenons un être moral, adulte et libre, donc responsable.

– en renonçant à nos folles espérances, nous devenons un être capable de connexions amoureuses, donc relié aux autres.

– en étant confrontés aux pertes nombreuses qu’amènent la mort et le temps, nous devenons un être capable de prendre le deuil et de s’adapter, donc conscient.

Nous ne pouvons comprendre notre histoire en termes de continuité ou de changement. Il faut voir l’un et l’autre. On ne peut devenir un être séparé, responsable, relié aux autres, conscient, sans passer par des moments de renoncement, de deuil, de lâcher-prise. »

Monde de qualité

­Sans contredit, le premier livre qui me vient à l’esprit est Les renoncements nécessaires de Judith Viorst. Ce livre me semble éclairer les nombreux deuils que nous devons tous vivre. L’auteur nous parle de la nécessité d’accepter les pertes inévitables à toute vie humaine pour accéder à une vie féconde.

Comme accompagnateur de vie, je suis toujours sur le qui-vive pour déceler dans le discours de la personne une référence avec un des segments principaux du diagramme de Glasser. Comme les images que nous avons placées dans notre monde idéal ont déjà comblé des besoins dans nos expériences passées, nous nous y attachons fermement. De mon point de vue, le MONDE IDÉAL de l’individu est le domaine le plus délicat à intervenir. Il est beaucoup plus aisé de questionner l’autre sur son COMPORTEMENT GLOBAL ou de l’informer sur d’autres perceptions différentes de son MONDE PERÇU. Rappelons-nous que nous n’avons pas de contrôle sur les perceptions et les comportements d’une autre personne. Encore moins sur son MONDE IDÉAL. Je ne peux que lui donner de nouvelles informations qui, reliées à son lien d’appartenance avec moi, auront plus de chances d’influencer son MONDE IDÉAL.

Reconnaître que tous les humains passent par une succession de pertes et que ces passages annoncent une croissance nécessaire vers la maturité humaine, nous aide à diminuer progressivement notre attachement à une image de notre monde idéal qui peut devenir pathologique, qui nous distance du monde réel et qui fait que nous adoptons des comportements irresponsables.

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